Sur la jetée de calcaire
regard au large
comme on dessale la mer
comme on adoucit l’amer
j’ai voulu
désalcooliser le vent forain
au souffle caniculaire
mais sa caresse s’est faite gifle
apprivoiser les vagues
mais leur ivresse m’a pris
alors j’avale les embruns
l’écume brûle mes lèvres
le sel ravive ma soif
je vacille sur les galets
je titube sur le sentier
à flanc de falaise
jusqu’à la maison
saoul comme un marin du lundi
traînant son ancre nomade
comme d’autres leur croix
Longues-sur-Mer, 18 juillet 2022
Texte HB © Autobiopoèmes, Océanités