Debout sur le balcon de novembre,
Emmitouflée du frimas de la nuit,
Elle vagabonde, lègère et discrète,
Dans les pas perdus des riverains.
Elle écoute, dans leur muet sillage,
Le reflet de la Citadelle qui s’éteint
Sur le Doubs engourdi qui s’habille
Des lumières givrées de la ville
Aux hautes tempes blanchies.
De sa bouche, cheminée de son âtre,
Ne sort que la vapeur de ses mots
Qui, dans le froid, prennent l’eau,
Pour devenir de fragiles lettres,
Gouttelettes ciselées dans l’albâtre,
Suspendues aux chéneaux des toits.
Petit nuage éphémère et silencieux
Qui se dépose à la vitre des cieux
Où elle dessine à l’encre de ses doigts
Le songe d’une ombre qui se cambre
Une âme qui se libère de l’ambre.