Ce n’est qu’une minute avant l’aube
La nuit s’éclaircit
Mon corps éjecte cette daube
Je sors de l’anesthésie
L’heure bleue s’est étirée
Le vide durant deux années
Survivant comme un damné
La monotonie comme compagnie
« Ne pas ressentir trop fort
Rester dans sa zone de confort »
La passion m’a laissé sur le carreau
Et j’ai préféré vivre à l’abri des maux
Aujourd’hui je veux vivre à nouveau
Une force trouvée en léchant ta peau
L’heure bleue s’est dissipée
Yeux bleus et authenticité
Les paupières lourdes s’ouvrent enfin,
Le froid du vide s’efface au matin.
Fini l’abri, fini le sursis,
Je laisse la nuit à son agonie.
Ton souffle est une vague de chaleur,
Qui vient secouer ce vieux moteur.
Quitter la zone, briser les barreaux,
Accepter le risque d’avoir chaud.
Le ciel renonce à ses reflets sombres,
La lumière chasse les dernières ombres.
Dans le miroir de ton regard clair,
Je retrouve le goût de l’univers.
L’heure bleue s’en va, le jour se déploie,
Je ne survis plus : je marche vers toi.