À l’entrée
de l’église 3 anges, et au-dessus une fissure qui grimpe jusqu’au vitrail central
je me demande si
cet endroit est l’objet de nombreuses portes claquées.
Le museau de Coquille me touche le mollet alors que les marches sous mes pieds sonnent plein
l’église est plongée dans le noir
ou alors le ciel dehors est très blanc
les statues presque aussi lourdes que le silence qui règne ici sont illuminées
seules.
Très blanche
et entourée de fleurs fraîches
la Vierge Marie est emballée dans un cocon de vie
qui s’essouffle et qui passe
je me souviens des plantes de pierre de part et d’autres de l’entrée
et tout à coup je me sens
je me sens comme
une fleur fraîche à la vie qui s’échappe
dans les lourds murs de pierre
le silence encore
est si pesant que j’entends mes articulations
j’entends mon cœur
j’entends le vent presser la masse de vide de l’église.
Coquille aboie dehors
la résonance est étrange
comme si tout nous parvenait de très loin
ou que nous-mêmes n’étions plus vraiment là
je dis nous parce qu’ici il n’y a que moi et
mes compagnons d’écriture
immobiles et en silence
sauf nos mains
on essaie de comprendre de se sentir
ici et maintenant.
Les bougies peu nombreuses brûlent et nous un peu avec je crois
à petit feu
dans nos yeux la lumière faible et pourtant si visible dans toute cette obscurité
est aspirée au dehors
comme la flamme par un courant d’air
et je sors
en passant une dernière fois sous le lustre immense
et je me dis
que s’il me tombait dessus
ce serait
une cage dorée dans tous les sens du terme
je m’arrête en dessous pour imaginer
mes mains sur le métal et mon passage en-dehors.
Quelqu’un éternue,
le son se répercute partout comme
si le courant d’air était en nous
déjà
et une voix s’élève
comme pour voir si elle passera au dehors :
c’est une mélodie qui se marie au travail du bois
et qui me passe au travers
comme le rire des enfants.