Cris sous la halle
le marché bat son plein
fraises pour bourses desserrées
fruits d’été venus d’une Espagne sans saveur
soles et langoustines
merlus et palourdes
patientent sur la glace
le homard vit encore
se demande-t-il s’il trouvera preneur
à cinquante-huit euros le kilo de carcasse
Dehors
l’orgue de barbarie lancine
un chanteur à moustaches chante Ferrat
une églantine rouge à la boutonnière
les enfants à la sauvette
vendent du muguet
les bourgeois·es endimanché·es pavanent sur le parvis d’une église bleue
sur le front de mer
les bobos enraybané·es autobronzé·es smartphonent
et se plaignent de leur location sans réseau
C’est l’heure de défiler
contre les ogres·ses
contre la barbarie
contre la macronie
le soleil flémarde
entre moutons du ciel
de terre
de mer
pour des lendemains meilleurs
des jours heureux
Châtelaillon, 1er mai 2022
HB © Autobiopoèmes, Rupella