troquer la ville dense
contre les prés verts,
l’herbe turgescente
troquer le bruit urbain, addiction noueuse,
contre le bourdonnement des insectes,
et le ressac, parfois cinglant
troquer les plus belles
salles de concert,
les plus beaux musées,
contre les ondes
de la BBC,
et les vagues
rejointes
à vélo
troquer le fleuve pollué
pour les rivières vives,
et l’inconnu du métro
pour ton coude sur la portière de ta voiture
que je reconnais de loin, et c’est pénible
je n’ose pas trouver ton regard dans l’habitacle,
tes yeux me crament, je les sens
sur moi comme une lave qui
coule sur le bitume, le grignotant
troquer le roulis du RER
pour tes yeux noisettes,
ta sagesse d’éléphant, et
tes pupilles, délivrantes
comme deux quasars,
comme le printemps