Froides la lune et les traînées de condensation des avions, cirrus homogenitus
Froid le grand bée dans le halo du soleil, montant, et acide
Froide la vie à vouloir te retrouver, suivre tes pas sur les remparts
Froides les glaces en hiver, le souvenir de la langue italienne dans ta bouche, chantante,
Froid le museau du chien noir et blanc aux yeux bleus, vitreux,
Froids le trait de côte et le sable givré,
Froid l’homme qui marche contre sa silhouette, se confondant l’un et l’autre,
Froide ma dent de sagesse enflammée, elle brûle
Froid le vin offert par un prédateur sexuel, et que toute la famille se partage autour d’une carcasse,
Froids les toits blanchis par le gel et le pneu crevé, le pare-brise recouvert de milliers de fractales à décomposer,
Froide la canette de bière laissée en équilibre dans la gare, un matin froid, vent perçant, où j’échoue comme un petit astre mort
Froid le petit astre,
et un peu mort aussi